Dispositifs PTI DATI : 7 types d’alarme pour travailleur isolé

L’un de vos employés va se trouver seul sur son lieu de travail ? Il est grand temps de vous intéresser à la protection du travailleur isolé et aux dispositifs d’alarme existants. Nous avons rassemblé dans cet article tous les types de dispositifs d’alarme pour travailleur isolé (DATI) présents sur le marché pour vous aider à mieux faire votre choix !
L’essentiel en cinq points
- Ce qu’est un DATI. Un dispositif d’alarme pour travailleur isolé déclenche une alerte, automatiquement ou par bouton SOS, quand un salarié qui travaille seul se trouve en difficulté.
- Une obligation pour l’employeur. L’article L 4121-1 du Code du travail impose de protéger la santé et la sécurité des salariés, et l’article R 4543-19 exige qu’un travailleur isolé puisse signaler une situation de détresse et être secouru dans les meilleurs délais.
- Sept dispositifs DatiPlus, qui se distinguent d’abord par le mode de port : ceinture, brassard, poignet, tour de cou, chaussure de sécurité, smartphone, et clip en zone ATEX.
- Deux dispositifs détectent réellement la chute, le boîtier 4X et le porte-badge, par chute libre dès 60 cm et par urgence absolue. Les autres détectent l’immobilité prolongée et le déclenchement manuel.
- Compter 200 à 600 € de matériel et 10 à 20 € par mois et par travailleur, avec une option de télésurveillance de 9 à 15 €. La location sans engagement est également possible.
Définition PTI
PTI est un sigle qui signifie « protection du travailleur isolé ». Il s’agit plus précisément des mesures qui sont mises en place par une entreprise pour protéger un salarié lorsqu’il est hors de vue et hors d’ouïe de son employeur ou de ses collègues.
La protection des travailleurs isolés est une obligation légale régie par le code du travail, et un employeur qui n’a pas protégé son employé peut être mis en cause en justice en cas d’accident. Il lui revient donc d’analyser le lieu de travail pour définir des procédures adaptées, et de trouver une solution pour chaque danger identifié.
Définition DATI
Le DATI est un sigle qui signifie « dispositif d’alarme du travailleur isolé ». Il s’agit de l’ensemble des équipements de sécurité mises en place par l’employeur, pour détecter lorsque son employé est en danger et alerter une tierce personne qui pourra appeler les secours.
Ces équipements doivent obligatoirement être fournis par le chef d’entreprise, et adaptés aux situations dangereuses auxquelles le salarié peut faire face.
Les dispositifs sont nombreux : c’est en comparant leurs fonctionnalités que l’employeur fera le meilleur choix, pour lui comme pour ses collaborateurs.
Différence entre PTI et DATI
Les deux sigles sont proches et souvent confondus. Ils désignent pourtant deux choses distinctes :
- La protection du travailleur isolé (PTI) désigne l’ensemble des mesures et procédures de prévention et d’intervention destinées à protéger le salarié. Elles prennent en compte les risques internes et externes, et définissent la façon d’intervenir en cas d’accident ou d’agression.
- Les DATI sont l’ensemble des équipements de sécurité mis en œuvre pour le protéger : boîtiers, montres connectées, applications ou tout autre objet capable d’identifier une situation anormale et de contacter les secours.
Un DATI n’est donc efficace que si une démarche PTI a été menée en amont : la PTI établit le cadre, le DATI en est la mise en œuvre concrète.
Les différents dispositifs d’alarme travailleur isolé et leur mode de fonctionnement
Vous souhaitez trouver un dispositif d’alarme pour vos travailleurs isolés ? Ces derniers doivent partir plusieurs jours sur différents chantiers et ont besoin d’un moyen de communication PTI ? Pas de panique, nous allons tous vous les détailler pour que vous puissiez facilement faire votre choix :
Boîtier porté en ceinture
Le boîtier DatiPlus 4X se porte à la ceinture, là où il ne gêne aucun geste et reste accessible d’une seule main. C’est l’un des deux seuls dispositifs de la gamme à détecter réellement la chute, par deux mécanismes complémentaires : la chute libre, paramétrable dès 60 cm, et l’urgence absolue, qui reconnaît une perte brutale de verticalité suivie d’une immobilité totale. En zone sans réseau GSM, les relais LoRa prennent le relais pour transmettre l’alerte.
Ceinture · Chute libre dès 60 cm, urgence absolue, immobilité, SOS · 150 h sans GPS, 30 h avec localisation · Chantier, industrie, zone isolée
Boîtier porté en brassard
Le même boîtier DatiPlus 4X se fixe au bras quand la ceinture est déjà occupée par un harnais ou par le port de charge. Le brassard garde le dispositif solidaire du porteur, ce qui fiabilise la détection automatique. Et la reprise de pas évite l’alerte inutile : après une détection de chute libre, le système observe dix secondes et vérifie si des pas sont enregistrés. Sauter d’un camion ou descendre d’un escabeau ne déclenche donc pas d’alarme. Il se glisse aussi dans la poche d’un gilet haute visibilité standard, quelle que soit sa marque.
Brassard · Chute libre dès 60 cm, urgence absolue, immobilité, SOS · 150 h sans GPS, 30 h avec localisation · Port de charge, harnais, ceinture déjà occupée
Montre PTI
La montre DatiPlus Watch protège sans annoncer qu’elle protège. Elle détecte l’immobilité prolongée et déclenche l’alerte après une phase de pré-alarme, avec un haut-parleur désactivable pour les situations où mieux vaut rester discret. C’est le dispositif du technicien itinérant et de l’agent en contact avec le public.
Poignet · Immobilité prolongée, bouton SOS · 25 h sans GPS, 16 h avec · Technicien itinérant, agent au contact du public
Porte-badge PTI
Porté autour du cou comme un badge d’entreprise ordinaire, le porte-badge DatiPlus passe inaperçu. C’est pourtant, avec le boîtier 4X, le seul autre dispositif de la gamme à embarquer les deux mécanismes de détection de chute, la chute libre et l’urgence absolue. Ses 65 grammes et son format plat conviennent à l’accueil, au bureau et à la surveillance de nuit.
Autour du cou · Chute libre, urgence absolue, immobilité, SOS · 18 h avec localisation, 35 h sans · Accueil, bureau, surveillance de nuit
Application PTI smartphone
DatiPlus Connect déplace la détection du téléphone vers un capteur porté par le salarié, et c’est ce qui change tout. Un smartphone posé sur une table ne déclenche plus de fausse alarme, et la protection suit réellement le porteur. Le capteur démarre seul, sans aucun réglage à faire dans l’application.
Capteur porté, application Android · Perte de verticalité, immobilité, bouton SOS, alarme ligne de vie · Jusqu’à 6 mois, pile remplaçable · Salarié déjà équipé d’un smartphone
Capteur sur chaussure de sécurité
Le même capteur DatiPlus Connect se fixe sur une chaussure de sécurité déjà en service. Aucun renouvellement de parc à prévoir, aucune contrainte dans la semelle, et une position basse qui stabilise la liaison Bluetooth. La protection devient une propriété de l’équipement que le salarié chausse déjà chaque matin.
Fixé sur la chaussure · Perte de verticalité, immobilité, bouton SOS, alarme ligne de vie · Jusqu’à 6 mois, pile remplaçable · Parc de chaussures de sécurité déjà en service
Boîtier PTI ATEX
En atmosphère explosive, le matériel standard est tout simplement interdit. Les TWIG One Ex et Neo Ex sont à sécurité intrinsèque, certifiés gaz et poussières pour les zones 1 et 21. Ils détectent l’immobilité prolongée et portent une touche SOS tactile, repérable avec des gants.
Clip ceinture · Immobilité prolongée, bouton SOS · 33 h avec GPS (One Ex), 19 h (Neo Ex) · Zones 1 et 21, gaz et poussières
Les autres types de dispositifs existants
Au-delà de la gamme présentée plus haut, le marché propose d’autres familles de dispositifs. Les connaître aide à comparer, même lorsqu’elles ne correspondent pas à votre besoin.
- Téléphone GSM PTI. Un téléphone durci qui embarque une fonction d’alerte. Pratique quand le salarié dispose déjà d’un mobile professionnel, mais la détection dépend d’un appareil souvent posé ou rangé.
- Talkie walkie PTI. La radio reste efficace là où le réseau GSM ne passe pas, mais elle suppose un interlocuteur à l’écoute en permanence et n’offre aucune détection automatique.
- Téléphone DECT PTI. Adapté aux sites fermés déjà équipés d’une infrastructure DECT, hôpitaux et établissements de soin notamment, mais limité à la zone couverte par les bornes.
- Montre PTI. Discrète et bien acceptée par les porteurs, mais le port au poignet limite la détection automatique à l’immobilité prolongée.
- Application PTI. Elle évite d’ajouter un appareil, à condition que la détection repose sur un capteur porté et non sur le téléphone lui-même.
- Semelle connectée. Capteur intégré directement dans la semelle d’une chaussure de sécurité. Le principe séduit, mais il impose de renouveler tout le parc de chaussures, puis de le refaire à chaque usure.
- EPI connectés. Vêtements et équipements de protection intégrant une électronique d’alerte. Une famille en mouvement, dont l’offre dépend beaucoup des partenariats entre fabricants.
- PTI ATEX. En atmosphère explosive, seuls des dispositifs à sécurité intrinsèque certifiés pour la zone concernée peuvent être utilisés.
Comment choisir votre dispositif ?
Le bon dispositif n’est pas le plus complet, c’est celui que le salarié portera tous les jours et qui déclenchera au bon moment. Six critères suffisent à trancher.
1. La nature du risque réel
Un salarié qui travaille en hauteur, sur échelle ou en harnais, a besoin d’une détection de chute libre. Un salarié exposé au malaise ou à l’agression a d’abord besoin d’une détection d’immobilité et d’un bouton SOS accessible d’une seule main. Partez de votre document unique, pas du catalogue.
2. L’environnement de travail
Intérieur, extérieur, sous-sol, zone blanche, atmosphère explosive : l’environnement élimine des familles entières de dispositifs. En zone ATEX, seuls des matériels à sécurité intrinsèque certifiés pour la zone concernée sont autorisés. Là où le réseau GSM ne passe pas, il faut prévoir des relais.
3. Qui reçoit l’alerte
Un dispositif qui alerte un collègue déjà sur site ne répond pas au même besoin qu’un dispositif relié à un centre de téléassistance 24h sur 24. Définissez la chaîne de secours avant de choisir le matériel : qui décroche la nuit, le week-end, pendant les congés, et sous quel délai.
4. La tolérance aux fausses alertes
C’est le critère le plus sous-estimé, et celui qui fait échouer les déploiements. Un dispositif qui sonne pour rien finit dans un tiroir. Vérifiez comment il distingue un geste de travail d’une vraie chute, et si ses paramètres s’ajustent aux postures du métier.
5. La contrainte de port
Le meilleur dispositif est celui que le salarié accepte. Ceinture, brassard, poignet, tour de cou, chaussure de sécurité, poche de gilet : le mode de port se choisit en fonction de ce que la personne porte déjà, pas l’inverse.
6. L’accompagnement au déploiement
Paramétrage initial, formation des porteurs, suivi des batteries, ajustement des seuils après les premières semaines d’usage. Un dispositif livré sans accompagnement produit des fausses alertes pendant un mois, puis plus aucune alerte du tout.
Quel est le coût d’un système DATI ?
Le coût d’un dispositif travailleur isolé dépend de plusieurs facteurs : le type de matériel choisi, les services associés et le mode d’acquisition (achat ou location).
La forme du dispositif DATI sécurité (boîtier, montre, application, badge, etc.) n’est pas le seul élément de facturation. Les services associés influencent fortement le coût total. En effet, la plupart des solutions PTI travailleur isolé sont assorties d’un abonnement mensuel, qui couvre la gestion des alertes, la maintenance ou encore la géolocalisation.
Un service minimal permet de diffuser simplement une alarme. L’entreprise reste alors responsable du traitement de cette alerte : géolocalisation du salarié, déclenchement des secours, etc. Ce type d’offre, qui nécessite une carte SIM (10 à 20 € par mois), reste adapté aux structures capables de gérer elles-mêmes les incidents.
Pour une application PTI installée sur un smartphone, il faut ajouter le coût d’une licence logicielle mensuelle, généralement comprise entre 8 et 15 €.
Les entreprises recherchant une protection complète peuvent se tourner vers une formule “tout compris”, à partir de 30 € par mois, comme celle proposée par DatiPlus. Cette offre englobe :
- la carte SIM,
- la balise GPS,
- le paramétrage et le contrôle quotidien des DATI,
- la formation du personnel,
- une plateforme de suivi,
- des rapports d’activité,
- une hotline,
- ainsi qu’une garantie en cas de perte, vol ou panne.
Enfin, il est possible d’ajouter une option de télésurveillance, qui confie la gestion des alertes à une société spécialisée. Ce service, facturé entre 9 et 15 € par mois, offre une sérénité supplémentaire en déléguant la supervision des incidents à des professionnels formés.
Faut-il acheter ou louer un PTI DATI ?
Le choix entre l’achat et la location dépend du budget disponible, du nombre de salariés à équiper et de la durée d’utilisation prévue.
L’achat représente un investissement initial plus important (de 60 € à 600 € selon le type de dispositif), mais il devient rapidement rentable en cas d’usage prolongé. C’est une solution privilégiée pour les entreprises qui utilisent le dispositif de façon pérenne.
La location, quant à elle, permet d’éviter tout investissement de départ. Le matériel est mis à disposition pour un tarif mensuel “tout compris” compris entre 25 € et 70 €, selon le modèle choisi et les services inclus. C’est une solution souple et avantageuse pour les besoins ponctuels (missions temporaires, chantiers de courte durée, remplacement d’équipements) ou pour tester le produit avant un investissement plus important.
Comparatif de la gamme et tarifs
| Dispositif | Port | Détection automatique | Autonomie | Prix matériel | Abonnement mensuel | Points forts |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Boîtier PTI DatiPlus 4X | Ceinture, brassard ou poche de gilet | Chute libre dès 60 cm, urgence absolue, immobilité | 150 h sans GPS, 30 h avec | 200 à 600 € | 10 à 20 € | Relais LoRa en zone blanche et flash lumineux, exclusifs à ce modèle |
| Montre PTI DatiPlus Watch | Poignet | Immobilité prolongée | 25 h sans GPS, 16 h avec | 200 à 600 € | 10 à 20 € | Le plus discret, alarme d’agression silencieuse, haut-parleur désactivable |
| Porte-badge PTI DatiPlus Office | Tour de cou ou clip | Chute libre, urgence absolue, immobilité | 35 h sans localisation, 18 h avec | 200 à 400 € | 10 à 20 € | Mémo vocal de 30 secondes, alarme d’agression silencieuse, 65 g |
| Application PTI DatiPlus Connect | Capteur porté, chaussure de sécurité ou brassard | Perte de verticalité, immobilité, alarme ligne de vie | Jusqu’à 6 mois, pile remplaçable | 60 à 150 € | 8 à 15 € | Démarrage automatique dès les premiers pas, aucun réglage dans l’application |
| Boîtier PTI ATEX DatiPlus TWIG | Clip ceinture | Immobilité prolongée | 33 h avec GPS sur le One Ex, 19 h sur le Neo Ex | Sur devis | Sur devis | Sécurité intrinsèque, certifié gaz et poussières en zones 1 et 21 |
Tous les dispositifs disposent d’un bouton SOS pour un déclenchement manuel, et d’une option de télésurveillance 24h sur 24 facturée de 9 à 15 € par mois et par travailleur. La location sans engagement est possible sur l’ensemble de la gamme.
Qui travaille seul, et avec quel dispositif ?
Le travail isolé ne concerne pas un métier en particulier, il concerne des moments. Voici les situations les plus fréquentes et le dispositif qui y répond.
Industrie et maintenance
Un technicien intervient seul sur une ligne, en atelier ou en sous-station, parfois en hauteur. Le boîtier porté à la ceinture couvre la chute et l’immobilité prolongée, et les relais LoRa assurent la transmission là où le GSM ne passe pas. Voir l’offre industrie.
Surveillance de nuit, accueil et tertiaire
Un agent seul la nuit dans une résidence, un établissement de soin ou un bâtiment recevant du public a besoin de discrétion avant tout. Le porte-badge se porte comme un badge d’entreprise ordinaire et embarque les deux mécanismes de détection de chute. Voir l’offre surveillance de nuit.
BTP et interventions sur route
Sol irrégulier, travail en hauteur, circulation à proximité : la chute est le premier risque. Le boîtier en brassard reste solidaire du porteur quand la ceinture est déjà prise par le harnais ou le port de charge. Voir l’offre BTP et route.
Collectivités
Gardiens, agents d’espaces verts, suivi de déchetterie, régies techniques : des interventions courtes et dispersées, souvent avec un smartphone déjà en poche. Le capteur fixé sur la chaussure de sécurité protège sans ajouter d’appareil à porter. Voir l’offre collectivité.
Quelle est la Réglementation PTI DATI ?
La réglementation française ne définit pas explicitement le terme « travailleur isolé », mais impose à l’employeur une obligation générale de sécurité : l’article L 4121‑1 du Code du travail stipule que l’employeur doit prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».
Dans le cas du travail isolé, cette obligation se traduit par :
l’évaluation des risques liés aux situations de travail où le salarié peut se trouver hors de vue et hors d’ouïe d’autrui, via le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels).
la mise en place de mesures adaptées (organisationnelles, techniques, humaines) pour prévenir ou réduire les risques, avant de se reposer sur un dispositif d’alarme.
en cas de recours à un dispositif d’alarme (DATI – Dispositif d’Alarme pour Travailleur Isolé), ce dernier doit permettre à l’employé de « signaler toute situation de détresse et être secouru dans les meilleurs délais », comme le rappelle l’article R 4543‑19 du Code du travail.
pour certains travaux ou dans certains secteurs, des articles spécifiques s’appliquent : par exemple l’article R 4512‑13 impose qu’« aucun travailleur ne travaille isolément en un point où il ne pourrait être secouru à bref délai ».
En pratique, cela signifie que la mise à disposition d’un dispositif DATI ne dispense pas l’employeur d’assurer une prévention appropriée du risque isolé.
Responsabilité de l’employeur et sanctions encourues
C’est la partie que l’on oublie le plus souvent, et c’est celle qui engage réellement l’entreprise.
Sur le terrain civil, l’accident d’un travailleur isolé insuffisamment protégé peut être qualifié de faute inexcusable de l’employeur, au sens de l’article L 452-1 du Code de la sécurité sociale. La victime obtient alors une majoration de sa rente et une réparation complémentaire de ses préjudices, à la charge de l’entreprise.
Sur le terrain pénal, deux qualifications reviennent. La mise en danger délibérée d’autrui, article 223-1 du Code pénal, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende : elle suppose la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité. L’homicide involontaire, article 221-6, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, portés à cinq ans et 75 000 euros lorsque la violation est manifestement délibérée. Pour une personne morale, le montant de l’amende est quintuplé en application de l’article 131-38.
La jurisprudence vise directement le travail isolé. La Cour de cassation a jugé que l’absence d’évaluation des risques liés à une opération, à l’origine d’un défaut d’information du salarié sur les risques encourus en s’éloignant de sa zone de travail, constitue une faute pénale au sens de l’article 221-6 (Cass. crim., 15 mars 2016).
Autrement dit, le dispositif d’alarme ne suffit pas à lui seul : ce sont l’évaluation des risques et l’organisation des secours qui sont jugées.
Mettre en place un système DATI
Comme vous pouvez le constater, le choix en termes de protection du travailleur isolé est aujourd’hui très vaste et modulable ! Boîtiers, montres, applications mobiles, EPI connectés ou semelles intelligentes… chaque dispositif répond à des besoins spécifiques et à des contextes de travail différents. Les chefs d’entreprise doivent donc sélectionner la solution la plus adaptée en fonction des risques identifiés sur leurs sites, de la mobilité des salariés et des procédures d’intervention en cas d’incident.
Mettre en place un système PTI sécurité efficace ne se limite pas à fournir un appareil : il implique aussi de former le personnel à son utilisation, de paramétrer correctement les alertes, de tester régulièrement les équipements et de définir une procédure claire pour la réception et le traitement des alarmes. Une approche complète permet de réduire significativement les accidents et de garantir une sécurité optimale pour les travailleurs isolés.
Les erreurs à éviter
Six erreurs reviennent dans la plupart des déploiements qui échouent. Aucune ne tient au matériel.
1. Confondre perte de verticalité et détection de chute
La perte de verticalité peut être progressive : quelqu’un qui s’allonge lentement, ou qui cesse simplement de bouger. La détection de chute, elle, repose sur un changement brutal de position. Un dispositif qui annonce l’une ne fait pas forcément l’autre, et la nuance se paie au moment de l’accident.
2. Choisir sur la fiche technique plutôt que sur l’acceptation
Un dispositif complet que le salarié laisse dans son casier protège moins qu’un dispositif simple qu’il porte tous les jours. Faites essayer avant de déployer, sur quelques postes représentatifs.
3. Négliger le réglage des fausses alertes
Sauter d’un camion ou descendre d’un escabeau, soit 60 à 100 cm, ressemble à une chute pour un accéléromètre. C’est la reprise de pas qui fait la différence : le système observe dix secondes et vérifie si des pas sont enregistrés. Sans ce mécanisme, les alertes inutiles s’accumulent et l’équipe cesse d’y croire.
4. Déployer sans avoir défini qui reçoit l’alerte
Une alarme qui part vers un téléphone éteint n’est pas une protection. La chaîne de secours se définit avant la commande : qui décroche, dans quel délai, et ce qu’il fait ensuite.
5. Oublier les zones sans réseau
Sous-sol, bâtiment métallique, chambre froide, site isolé : vérifiez la couverture réelle avant de déployer, et prévoyez des relais là où elle manque.
6. Croire que le dispositif suffit
Le Code du travail impose d’abord d’évaluer le risque et d’organiser les secours. Le DATI est le dernier maillon de la chaîne, pas le premier.
DatiPlus accompagne les entreprises dans la mise en place de solutions PTI DATI complètes, en combinant matériel, services, formation et suivi quotidien. Notre équipe peut vous aider à choisir le dispositif le plus adapté à votre environnement, à paramétrer les alarmes selon vos besoins et à assurer la maintenance régulière des équipements. Contactez-nous pour en discuter et sécuriser vos travailleurs isolés en toute sérénité.
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Twig One Ex & Neo Ex : la protection en zones explosives (ATEX)
FAQ
Questions fréquemment posées
Quelle différence entre un PTI et un DATI ?
PTI signifie protection du travailleur isolé : c’est l’ensemble de la démarche, organisation et prévention comprises. DATI désigne le dispositif d’alarme pour travailleur isolé, c’est-à-dire l’équipement lui-même. Un DATI est donc un moyen au service d’une démarche PTI. Dans l’usage courant, les deux sigles sont souvent employés l’un pour l’autre.
Tous les dispositifs détectent-ils les chutes ?
Non, et c’est le critère qui distingue le plus les équipements entre eux. Chez DatiPlus, seuls le boîtier 4X et le porte-badge détectent la chute, par deux mécanismes complémentaires : la chute libre, paramétrable dès 60 cm, et l’urgence absolue, qui reconnaît une perte brutale de verticalité suivie d’une immobilité totale. La montre et l’application détectent l’immobilité prolongée et le déclenchement manuel par bouton SOS. Attention : une détection de perte de verticalité seule n’est pas une détection de chute, car la perte de verticalité peut être progressive.
La protection des travailleurs isolés est-elle une obligation légale ?
Oui. L’article L 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés, et l’article R 4543-19 précise qu’un travailleur isolé doit pouvoir signaler toute situation de détresse et être secouru dans les meilleurs délais. L’équipement ne dispense pas d’évaluer le risque dans le document unique, ni d’organiser la chaîne de secours.
Que risque l'employeur en cas de manquement ?
Sur le plan civil, l’accident d’un travailleur isolé insuffisamment protégé peut être qualifié de faute inexcusable, au sens de l’article L 452-1 du Code de la sécurité sociale, ce qui ouvre droit à une majoration de rente et à une réparation complémentaire à la charge de l’entreprise. Sur le plan pénal, la mise en danger délibérée d’autrui est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, et l’homicide involontaire de trois ans et 45 000 euros, portés à cinq ans et 75 000 euros en cas de violation manifestement délibérée. Pour une personne morale, le montant de l’amende est quintuplé.
Combien coûte un dispositif PTI DATI ?
Comptez 200 à 600 euros de matériel selon le dispositif, plus un abonnement mensuel de 10 à 20 euros par travailleur, auquel peut s’ajouter une option de télésurveillance de 9 à 15 euros. La location sans engagement est également possible, ce qui évite l’investissement initial et inclut le service.
Un smartphone suffit-il pour protéger un travailleur isolé ?
Pas à lui seul. Une application installée sur un téléphone posé sur une table ou rangé dans un sac ne détecte rien, et déclenche des alertes pour rien. La solution consiste à déporter la détection vers un capteur porté par le salarié, fixé sur une chaussure de sécurité ou glissé dans un brassard : le téléphone ne sert alors qu’à transmettre l’alerte et la position.


















